Le blog du projectionniste

L'avis du projectionniste sur le métier et son évolution

21 juin 2006

En réponse à Micromania94: Cap Projectionniste

Bonjour,

Je n'ai pas spécialement de tuyaux;
Seule solution: faire le tour des cinés de Paris et 94, envoyer des CV, passer voir les responsables de cabines. Si on te dit "Non", pas la peine de trop insister; Par contre, si il y a une possibilité même vague, saisis ta chance et contacte régulièrement la personne, voire le/la directeur-trice du ciné pour monter ta motivation.
Il faut savoir que, par défaut, cela "gonfle" les projectionnistes d'avoir à former quelqu'un en plus de leur boulot et sans rémunération supplémentaire. Il faut donc être le plus agréable possible et, si il y a possibilité d'un essai, montrer ses capacités, qui peuvent être autre que celle de la cabine. Par exemple, quand j'ai eu le choix de mes apprentis, je prenais ceux qui étaient plutôt bricoleurs, qui savaient faire quelque chose de leur dix doigts. Rien de pire que d'avoir un gars, ou une fille d'ailleurs, qui se la coule douce alors qu'il-elle doit montrer le maximum. Exemple, j'ai fait le stage pratique d'un candidat AFOMAV récemment, dés qu'il avait chargé le projo, le gars s'asseyait et attendait l'ordre suivant. A ne pas faire si vous voulez terminer votre stage ou votre année d'apprentissage. Il faut être "réglo", arriver à l'heure, respecter tout le monde dans le cinéma, dire bonjour, Au revoir, ne pas avoir peur de rester 1 heure de plus, etc. Que des choses évidentes, mais que beaucoup oublie malheureusement.
Sur Paris, jette un coup d'oeil chez MK2 et les indépendants.
Bon courage!

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12 juin 2006

En réponse à Rémy: problèmes de son

Bonjour, et désolé pour le retard!

Les causes les plus courantes pour un problème de son:

Tout se passe bien sur au niveau du lecteur son et du compensateur/régulateur:

1/Le principe de départ pour ceux qui ne connaissent pas, c'est d'éclairer par une toute petite fente la piste optique sur la pellicule via une ampoule de lumière blanche appellée "excitatrice" lue de l'autre coté de la pellicule par une cellule photo-électrique qui interprête les variations lues en impulsions électriques elles mêmes traduites en son par l'amplificateur;
    -->il faut donc assurer une intensité de lumière la moins variable possible, sa baisse entrainant directement une baisse de la qualité de lumière traversant la pellicule et donc une qualité de son de plus en plus médiocre; ce sera une diminution du niveau de sortie qui devra être compensé par une augmentation du gain aux amplis et un noircissement prématuré de l'excit;
    -->Il ne faut pas oublier également l'alimentation de l'excitatrice qui doit être en courant continu pour ne pas créer de ronflements;

2/De la même façon qu'il faut assurer une lumière constante, il faut aussi assurer une vitesse de défilement constante devant le lecteur son, c'est le rôle du compensateur. Il sert à ... compenser les variations de vitesse du à l'enroulement du film en sortie de projecteur; en son absence ou mauvais fonctionnement, nous allons avoir du pleurage; Il faudra donc bien veiller à la maintenance du projecteur et de ses éléments indispensables pour un bon spectacle: tout les roulements des compensateurs doivent tourner, certains sont compensés par de l'huile, à vérifier également;

Depuis maintenant une bonne année, les pistes sonores sont devenues cyan, cela pour une question, entre autre, écologique; mais du coup, la fréquence de couleur blanche ne convenait plus pour les pistes cyan et tout les lecteurs son ont du être changés; la technique retenue a été les diodes rouges, beaucoup plus stables et résistantes que les incandescentes,  reprenant le même principe mais inversé: la source lumineuse est placée dans l'autre sens;

Voilà une réponse j'espère satisfaisante, n'hésitez pas à me le faire savoir.
Si des candidats du CAP de cette année sont d'accord, je suis interressé par les textes des épreuves de cette année que je me chargerai de publier.
A bientôt.

Posté par marque jaune à 23:27 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juin 2006

En réponse à Abzalon: Quid du métier?

Bonjour et merci pour tes encouragements.

 

Les débouchés

En effet, vu se qui se profile à l’horizon, on est en droit de se demander quel avenir nous est réservé;

1/J’ai toujours été surpris par le grand nombre de candidat au CAP, pourtant, nous sommes toujours en recherche de projectionnistes ;

Au départ, c’est pour les remplacements de vacances, mais qui nous permettent de juger les capacités de la personne en question ; je prend la plupart du temps des débutants car –malheureusement- petit cinéma = petit salaire et cela n’intéresse pas les expérimentés ; Lors de mes recherche sur le site de l’ANPE, seulement 2 candidats sur 14 sélectionnés (envoi direct d’une proposition) m’ont répondu pour me dire qu’ils travaillaient déjà ; J’ai supposé que les autres aussi. Il y a donc du travail !

2/Ces projectionnistes, une fois terminé le remplacement sont déjà en meilleure posture pour trouver du travail autre part, soit par mon intermédiaire, soit par leur propre recherche.

Mais ne nous voilons pas la face, comme dans tout métier, il y a des bons et des pas bons : ceux qui sauront se débrouiller en toutes occasions auront toujours du travail. Je m’explique : il faut toujours avoir, en plus de sa formation au métier que vous pratiquez, des moyens supplémentaires pour sortir du lot et vous faire remarquer en tant que bon élément, sans pour autant « lécher » les bottes. Pour ce boulot, il est appréciable d’avoir des connaissances de mécanique, d’électricité, de plomberie et de tout un peu. Il ne faut pas oublier que dans un cinéma de type complexe, le responsable de la sécurité, c’est le projectionniste et, qu’il faut souvent réparer les petits problèmes du bâtiment. C’est ainsi que j’ai pu assumer le petit entretient des cinémas ou je suis passé (serrure, portes, siphons, voire ordinateurs) et que je suis maintenant Responsable Technique d’un petit multiplexe (une dizaine de salles), en ayant géré la fin des travaux et l’ouverture. On n’est malheureusement pas assez souvent valorisé quand on en fait plus que les autres mais je pense que cela finit quand même pas servir.

Bref, en principe, votre volonté de travailler finit toujours par être reconnue.

 

Le passage au numérique

Les inquiétudes sont là mais, encore une fois, il faut relativiser, cela dépend avant tout de votre capacité à vous adapter à notre nouveau métier.

L’argent, via Hollywood, étant Roi, nous allons irrémédiablement vers la généralisation du numérique car cela permettra de ramener beaucoup plus d’argent en supprimant des milliers d’intermédiaires, donc des milliers d’emplois dans les nombreuses filières du cinéma (fabricants de pellicule, laboratoires de tirages, fabricants de boites de films, transporteurs divers et variés tout au long du circuit, distributeurs physique et stock de films, etc).

Cependant, nous avons quand même de nombreuses années devant nous. Très honnêtement, j’ai fait un stage avec la CST en 1998 et la discussion était déjà celle là ; donc, ne pas s’alarmer, les raisons principales étant que, sauf accord incroyable sur la gratuité du matériel ou au moins son faible prix, aucun exploitant n’est prêt à payer pour cela : ni les petits, et pas forcément les grands (UGC est plutôt contre) seul Kinépolis est parti dans cette direction en équipant une salle dans chaque multiplexe.

Le plus grand risque selon moi, c’est l’arnaque que le public est en train d’avaler : l’image numérique serait d’une qualité supérieure à l’argentique, ce qui est bien sur absolument faux, du moins, pour l’instant. Voyez Kinépolis qui communique sur son soit disant cinéma Haute définition (http://www.kinepolis.com/index.cfm?PageID=2501) « l’expérience ultime », « la meilleure qualité d'image présente sur le marché »  sans préciser que la comparaison ne se fait pas avec l’image argentique mais entre tout les systèmes numériques, et bla bla bla. D’ailleurs, j’ai cherché un film en digital cette semaine sur le site Kinépolis France…Rien. Seule la Belgique continue M:I:3 en digital, et pour cause, la qualité est …mauvaise ! Ben oui, c’est l’autre problème : pas ou peu de film natif en numérique, ce ne sont que, sauf rares exceptions -comme les animations 3D par définition fait sur ordinateur-, des transferts d’argentique à numérique. (Voir chez XDC : http://www.xdcinema.com/dist-offer.asp)

 

Mais méfions nous quand même : en effet, des montages financiers et matériels sont en train de se monter qui pourraient accélérer les choses : Barco, constructeur (et précurseur) belge de matériel bien connu et EVS ( http://www.evs-global.com/ ), constructeur de serveurs numériques se sont alliés en créant XDC ( http://www.xdcinema.com/ ) qui pour étendre son réseau, propose des location-ventes à tarifs préférentiels et ne se gêne pas pour vanter les avantages de leurs solutions très économiques : http://www.xdcinema.com/dist-offer.asp; Vous rendez-vous compte ? On pourra même diffuser les jeux Olympiques ou la finale de la Star Ac’ ! Formidable !

Conclusion : le numérique va signer la fin du métier en tant que tel mais il y a encore pas mal d’années pour achever la bête. Après, cela va dépendre du soutient ou pas du public. Quand je vois le peu de connaissances qu’on les gens de la projection, je me dis que ce n’est pas gagné. J’ai vu récemment un photographe professionnel qui pensait qu’on était déjà tous au numérique.

 

Mais revenons à nos moutons

Je n’ai pas fait le stage de l’Afomav, mais je connais pas mal de gens qui l’on fait. Je pense que cela dépend de la capacité à ingérer des cours tout seul, du niveau technique au départ et de la faculté à « bricoler ». Quand je dis bricoler, cela veut dire en gros être intéressé par la technique en général. Si vous avez bricolé votre vélo ou votre mob quand vous étiez ado, je pense que c’est Ok. Et si tu es dans ce cas, pas besoin d’Afomav, un stage gracieux de 15 jours dans une cabine devrait suffire. Cela peut se trouver plus ou moins facilement, les responsables de cabine n’ayant pas forcément envie de « s’embêter » en plus de leur boulot. Il faut faire le tour des cabines de ton coin et s’incruster gentiment…

 

Ouf, j’espère que j’ai été clair, bon courage pour la suite, je reste là pour l’assistance après lecture éventuelle.

Posté par marque jaune à 00:18 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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